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Utilisée comme surtout de bivouac, puis de route dans le blizzard en février 2015 dans le Pilat, la veste blanche était amplement soldée chez Arcadis-TOE, ce qui m'incita à tenter l'expérience. Sous les rabats de poitrine, on attendrait des poches, qui seraient fort utiles, il n'y en a pas. Elle pèse dans les 1040 g après séchage complet.

Son tissu est costaud et glissant, et elle n'a souffert en rien du bivouac sur lit de branchages d'épicéa ; même l'ample volet dorsal de ventilation n'a souffert en rien. Les bas de manches ne sont pas encore secs au moment où j'écris, dimanche soir : je n'avais pas songé à retourner les manches. L'intérieur est une fourrure d'acrylique.
Le défaut de conception majeur, c'est un col présentable, puis un capuchon escamotable, très insuffisant dans le mauvais temps, impossible à maîtriser dans le blizzard, pas protecteur devant. Ses cordons échappent aux gants, mais pas aux velcros du rabat qui en font un carnage. Il faudra remanier cela à fond.

Correction, 31 janvier 2018 : cousu les extrémités de capuchon, et préalablement deux trapèzes en tissu argenté.



Il reste encore à assurer la fermeture de ces deux petits panneaux. Ma préférence ira à des brandebourgs. Encore à faire.

Chantier achevé, brandebourg posé à gauche (manoeuvré à la main gauche), cordon de capuchon changé pour de la paracorde peu vulnérable aux velcros, tonkas posés.





Verdict après essai : c'est la largeur du col d'origine qui limite quelles tenues sont admissibles en dessous. Ce col ne fait que 54 cm de développement contre 64 à 66 cm à celui de l'anorak rouge carotte élargi en 2010 : http://citoyens.deontolog.org/index.php/topic,1106.msg2125.html#msg2125
Il ne peut donc pas abriter ce blouson ouatiné auquel j'avais ajouté un capuchon en février 2010 : http://citoyens.deontolog.org/index.php/topic,1104.msg2126.html#msg2126
Conclusion : pas de pitié ! Découvit et chirurgie, pour encore une fois élargir le col à une largeur qui permette à ce vêtement son rôle de surtout.
Exécution, le col est élargi de 7 cm, et cette fois le bas du visage est correctement couvert :



Il reste encore à siliconer les nouvelles coutures et le nouveau triangle d'élargissement.
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Amérique / Les juifs russes en Amérique et les relations russo-américaines
« Dernier message par JacquesL le 08 février 2018, 09:45:16 pm »
Les juifs russes en Amérique et les relations russo-américaines
http://lesakerfrancophone.fr/les-juifs-russes-en-amerique-et-les-relations-russo-americaines

Par Dmitry Orlov – Le 1er février 2018 – Source Club Orlov



En essayant de démêler l’état tendu actuel des relations entre les États-Unis et la Russie, un groupe mérite un niveau d’attention plus élevé, ce sont les juifs américains. C’est le groupe de population le plus important que les deux pays ont en commun : sur les 5 ou 6 millions de juifs vivant actuellement aux États-Unis (les chiffres varient selon la façon dont on mesure la « judéité »), environ un million a immigré aux États-Unis depuis l’ancienne Union soviétique, soit directement, soit après un séjour en Israël. Le gouvernement des États-Unis les a acceptés volontiers, leur accordant le statut de réfugiés ; ainsi, ils sont entrés dans la société américaine avec une identité politisée, nettement anti-russe, et leurs attitudes anti-russes ont eu un effet sur l’opinion de nombreux juifs non-russes et aussi d’autres Américains.


Les juifs russes sont de loin le groupe le plus éduqué qui a immigré aux États-Unis. Ils se sont très bien intégrés dans la société américaine et beaucoup d’entre eux, ainsi que leurs enfants, ont pu commencer une carrière professionnelle. Leur expérience directe de la vie en Russie leur a permis de se positionner en tant qu’experts sur tout ce qui concerne le russe et, dans une large mesure, a permis à ce groupe relativement restreint d’influer négativement sur l’attitude de 322 millions d’Américains envers 144 millions de Russes au sein de la Fédération de Russie ainsi que sur la trentaine de millions de Russes résidant à l’extérieur. C’est un accident malheureux de l’histoire qu’un groupe d’environ un million de personnes ait, plus ou moins par inadvertance, aigri les relations entre un demi-milliard de personnes.

Il y a beaucoup de morceaux compliqués dans cette histoire. Une partie de cet héritage est l’héritage de la guerre froide, qui a généré beaucoup d’inertie institutionnelle aux États-Unis, ce qui a amené ceux-ci à continuer à traiter la Russie comme un ennemi. Une partie de cette influence, spécifiquement des juifs israéliens, et des juifs en général, sur la politique américaine est étrangement disproportionnée. Une autre partie de l’énigme a trait aux avantages que les juifs russes émigrés aux États-Unis ont retiré en disant qu’ils ont été victimes du gouvernement soviétique ou de l’antisémitisme russe. Un dernier aspect, particulièrement délicat, a trait à la nature de l’identité juive et à la façon dont elle s’est historiquement heurtée et continue de se heurter à ce que signifie être un juif russe.

Je parlerai de chacun d’eux à tour de rôle, mais je veux d’abord divulguer ce qui me permet d’écrire sur ce sujet. Je suis né et j’ai grandi en Russie dans les années 1960 et 1970, puis j’ai émigré dans le cadre d’une vague d’émigration principalement juive, je suis entré aux États-Unis en tant que réfugié et j’ai été naturalisé cinq ans plus tard. Un parent israélien fictif ou deux ont figuré dans notre demande de visa de sortie, même si nous n’avions aucune intention de nous rendre en Israël. J’ai beaucoup de parents juifs, mais pas assez pour faire de moi un juif. Nous sommes tous des chrétiens orthodoxes russes, et nous le sommes depuis longtemps, de 3 à 40 générations (selon la branche généalogique). Chez nous, nous n’avons jamais rien parlé d’autre que le russe. Nous sommes retournés en Russie le plus tôt possible – en 1989, dès que les émigrés ont commencé à obtenir des visas – et nous faisons la navette depuis. Tout cela fait de moi un expert sur ce sujet.

Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur le sujet de l’inertie de la guerre froide américaine, alors je vais résumer cela en quelques phrases. Les États-Unis sont pris en otage par une bureaucratie militaire hypertrophiée, inefficace et généralement incompétente dont la seule supériorité écrasante est d’extorquer des sommes d’argent exorbitantes pour ses projets, dont beaucoup sont des échecs. Pour que cette extorsion fonctionne, il faut pouvoir argumenter qu’il y a un ennemi pour justifier la défense du pays. Pendant la guerre froide, l’ennemi était, très commodément, l’URSS. Après l’effondrement de l’URSS, il y eut une période d’hésitation, au cours de laquelle la « mafia russe » a été fortement mise en lumière, juste pour garder à jour une image de l’ennemi. Mais une nouvelle et « heureuse » occasion s’est présentée après les attentats terroristes du 11 septembre (qui, selon beaucoup, ont été perpétrés uniquement dans ce but) pour présenter le terrorisme international comme le nouvel ennemi. Cette ruse a maintenant perdu son utilité parce que les terroristes sont maintenant plus efficaces que jamais, et il est donc temps de se taire au sujet du terrorisme et de revenir au plan A : cultiver la russophobie (avec la Chine maintenant jetée en pâture pour faire bonne mesure). Il est vrai que la Russie, après s’être rétablie de la dévastation de l’effondrement soviétique, est un ennemi un peu plus redoutable qu’elle ne l’était à l’époque de la « mafia russe », mais la russophobie est toujours essentielle et nécessite un flux constant de nouvelles histoires et de commentaires négatifs sur la Russie. C’est ici que les juifs russes, certains vivant aux États-Unis, certains allant et venant entre les États-Unis et la Russie, sont heureux de donner un coup de main, puisqu’ils sont, sans aucun doute, des experts en la matière sur tout ce qui concerne le Russe.

L’influence étrangement disproportionnée des juifs israéliens, et des juifs en général, sur la politique américaine est aussi un sujet brûlant de discussion, et donc ici, je vais encore une fois résumer brièvement. D’abord l’évidence : Israël ne fait pas partie des États-Unis ; c’est une nation souveraine séparée et un membre de l’ONU. Et pourtant, les politiciens américains peuvent prêter allégeance à Israël sans être arrêtés et jugés pour trahison. Beaucoup de doubles citoyens américains et israéliens circulent à travers les institutions américaines et israéliennes, et personne ne s’inquiète jamais de savoir lesquels d’entre eux espionnent au nom de qui. Aux États-Unis, Israël et les juifs en général reçoivent un traitement spécial : quiconque ose critiquer Israël est plus ou moins automatiquement accusé d’antisémitisme et ostracisé. En outre, il a été interdit de boycotter des produits ou des entreprises israéliens, ce que certaines personnes veulent faire pour soutenir la cause palestinienne. Certains analystes vont même jusqu’à dire qu’Israël a colonisé les États-Unis, tout comme la Grande-Bretagne avait colonisé l’Inde, avec quelques milliers de Britanniques contrôlant tout le sous-continent à leur propre avantage.

Israël est le destinataire de plusieurs milliards d’aide militaire américaine, ce qui en fait une partie intégrante du racket militaro-industriel américain. Cela signifie que les juifs et/ou les Israéliens aux États-Unis (la distinction entre juifs et Israéliens n’est pas particulièrement utile, puisqu’il est facile pour un juif d’obtenir un passeport israélien) doivent parler de la « menace russe » pour s’en mettre plein les poches aux côtés de l’armée américaine, et c’est ce qu’ils font. Mais en Israël, la situation est un peu différente. Environ un tiers de la population juive d’Israël est composée de juifs russes. Beaucoup d’entre eux sont de véritables citoyens de la Fédération de Russie ; la plupart des autres peuvent revendiquer la citoyenneté russe comme droit de naissance. Beaucoup d’entre eux vont et viennent entre la Russie et Israël, pour travailler, pour des traitements médicaux, pour rendre visite à des parents, en vacances, etc. Un flux constant d’Israéliens retourne en Russie, principalement parce que la Russie est en quelque sorte plus prospère qu’Israël, où les possibilités de promotion sociale sont de plus en plus limitées. Les relations entre la Russie et Israël sont très amicales et coopératives. Quand le ministre de la Défense israélien s’envole vers Moscou pour des entretiens, il ne prend pas de traducteur parce qu’en fait, il est russe.

À l’heure actuelle, les relations entre les États-Unis et la Russie sont dans un état lamentable. Dans le même temps, les relations entre la Russie et Israël sont plus chaudes qu’elles ne l’ont jamais été. « La Russie et Israël peuvent être fiers de notre haut niveau de partenariat, de coopération fructueuse et de contacts commerciaux de grande envergure » a déclaré Vladimir Poutine en emmenant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou au Ballet du Bolchoï. Malgré toutes les complexités du Moyen-Orient – le conflit israélo-palestinien, la guerre en Syrie, l’influence grandissante de l’Iran, la trahison traditionnelle de la Turquie, les étranges événements en Arabie saoudite – les relations russo-israéliennes ne font que s’amplifier.

Si vous vouliez faire un tout petit peu dans la conspiration, vous pourriez peut-être imaginer qu’Israël est le cheval de Troie de la Russie aux États-Unis. Quel est son but ? Que les États-Unis continuent de gaspiller de l’argent emprunté dans des aventures militaires pourries ? Bien sûr, et jusqu’à ce que tout soit parti ! Pousser les États-Unis vers la même falaise où l’URSS a basculé en 1990 ? Évidemment ! Mais ne nous laissons pas tomber dans la théorie du complot et disons simplement que l’asymétrie entre les relations américano-russes, américano-israéliennes et israélo-russes est extrêmement importante et demande une explication. C’est un tabouret à trois pattes qui balance, un casse-tête géométrique.

La partie du puzzle qui a trait aux avantages que les juifs russes ont accumulés aux États-Unis et qui ont parlé de leur victimisation par le gouvernement soviétique ou de l’antisémitisme russe est également marquée par des contradictions. Prenez en compte le fait que les juifs russophones sont de loin le groupe le plus éduqué à avoir immigré aux États-Unis. En outre, la Russie est l’un des pays les moins antisémites, avec des juifs bien représentés dans toutes les professions et à tous les niveaux de gouvernement, avec un judaïsme florissant et respecté, sans problèmes sociaux touchant spécifiquement ou de façon disproportionnée les juifs.

La raison pour laquelle les juifs russes étaient bien éduqués et prêts à commencer une carrière prospère plus ou moins au moment où ils ont atterri aux États-Unis était qu’ils étaient extrêmement bien instruits et prospères avant de quitter la Russie. Très opprimés sous le régime pré-révolutionnaire, les juifs ont joué un rôle déterminant pendant la Révolution russe de 1917, et leurs enfants et eux-mêmes ont tiré énormément avantage de leur participation à la Révolution russe de 1917. En fait, les juifs ont si bien réussi en URSS qu’ils ont évincé les Russes de nombreux emplois de haut niveau : bien qu’ils n’aient plus représenté que 1,5% de la population dans les années 1950, plus de la moitié des directeurs des nombreux instituts, centres de recherche et laboratoires de l’Académie soviétique des sciences étaient juifs. Les juifs constituaient un tiers de l’Union des écrivains soviétiques ; un quart de tous les professeurs d’université ; etc.

Des membres de ma propre famille ont suivi cette trajectoire. Mon grand-père a grandi dans un shtetl, a parlé yiddish avec sa mère, a déménagé à Saint-Pétersbourg après la Révolution, a rejoint le Parti communiste et est devenu professeur de littérature russe avec un grand appartement donnant sur une place et un manoir rempli d’œuvres d’art et d’antiquités, une gouvernante, une nounou et une limousine privée avec chauffeur. Des juifs comme mon grand-père ont délogé la vieille aristocratie et sont devenus la crème de la crème de la société soviétique.

Voici une fascinante anecdote : reconnaissant que les juifs sont une nation sans territoire et désireux de résoudre ce problème, l’URSS est devenue le seul pays au monde à offrir librement aux juifs leur propre patrie – la Région autonome juive, stratégiquement située sur la frontière chinoise. La plupart de ses résidents juifs ont maintenant émigré en Israël, laissant derrière eux des bâtiments publics avec des plaques en deux langues : le russe et le yiddish.

Avec le temps, les Russes ont commencé à réagir violemment contre la présence massive des juifs dans les universités et les professions libérales. Quelques-unes des ruses employées pour repousser les assauts incessants de leurs enfants bien entraînés étaient, disons, moins que casher ; par exemple, un de mes parents juifs n’a pas été admis à l’Université d’État de Moscou en se voyant confier un problème insoluble à résoudre à l’examen d’entrée en mathématiques et, horreur des horreurs, il a fini par devenir architecte à la place. Beaucoup de juifs ont vu dans ce contrecoup un signe d’antisémitisme naissant, et certains d’entre eux ont décidé que les pâturages seraient plus verts de l’autre côté de l’océan.

Ceci explique de manière évidente pourquoi, à leur arrivée aux États-Unis, les juifs russes ont dépeint l’URSS et la Russie avec un large pinceau chargé de couleurs sombres : oppression, antisémitisme, pogroms, plus un retard mental, l’ivresse et l’horreur en général. S’ils avaient résisté à l’envie de jouer aux victimes, leur récit aurait pu, par défaut, devenir quelque chose comme ça : « Nous avons détruit la Russie, nous l’avons réarrangée à notre avantage, fait des affaires en or, puis coulé le navire, et maintenant nous sommes ici aux États-Unis, avec nos biens précieux, des parents âgés et nos animaux de compagnie, prétendant être des réfugiés, et prêts à recommencer. » Vous ne les voyez plus comme de pauvres migrants maintenant, n’est-ce pas ? Ajoutez à cela le fait qu’il y a beaucoup d’argent à faire aux États-Unis en s’attaquant à la Russie, et l’envie forte de se laisser aller au « Russian bashing » devient irrésistible.

L’aspect final, particulièrement délicat, de cette histoire a trait à la nature de l’identité juive et à la façon dont elle s’est historiquement heurtée, et continue de se heurter, à ce que signifie être russe. L’identité juive est plutôt étrange et différente, et pour éclaircir ce point, il est plus facile de comparer les juifs non pas à un groupe enraciné comme les Irlandais ou les Italiens mais à un autre groupe itinérant : les Tsiganes. J’ai connu quelques Gitans, et je les ai aussi beaucoup étudiés pour une étude de cas sur l’effondrement culturel (et la résistance à cela) dans mon livre « Les cinq étapes de l’effondrement ».

Le mot « tsigane » est dérivé du mot « égyptien » ce que les gitans ne sont définitivement pas, étant sortis du nord de l’Inde à un moment donné il y a plus de mille ans. (Incidemment, ce sont les juifs, selon leur mythologie biblique, qui sont sortis d’Égypte par un passage magique dans la mer Rouge, alors peut-être que ce sont les juifs qui devraient être appelés les « Tsiganes »). Ce que les Tsiganes sont, et c’est ainsi qu’ils se nomment eux-mêmes, ce sont des Roms, et leur langue est le romani.

Les Roms partagent un grand nombre de similarités avec les juifs. Les deux sont des nations organisées en diaspora, sans territoire (à l’exception d’un petit morceau de la Palestine reconnu internationalement); à la place, ils colonisent divers pays, migrant de pays en pays au fil du temps. Les juifs et les Roms sont traditionnellement xénophobes : le mot juif pour « non-juif » est « goy » (pluriel « goyim »). En romani, c’est « gadjo » (pluriel « gadje »). Les juifs comme les Roms ont des tabous et des rituels de purification spécifiques et plutôt curieux comme moyens de résister à la contamination ou à la corruption répandue par des étrangers, dont la plupart sont symboliques plutôt que physiques. Et tous deux ont été victimes de l’Holocauste ; un quart de la population rom d’Europe a été anéantie dans cet événement, mais avec une différence : alors que les juifs ont été remboursés après les atrocités nazies, cela n’a pas été le cas des Roms. Ce n’est qu’en 1979 que le Bundestag de l’Allemagne de l’Ouest a reconnu que la persécution des Roms par les nazis était raciste, ce qui les a rendu admissibles à une indemnisation, mais à ce moment-là, la plupart des victimes étaient déjà décédées.

Les identités rom et juive sont dans une certaine mesure secrètes. Les Roms se déguisent généralement en adoptant des noms à consonance locale ; dans les pays anglo-saxons, ils utilisent des noms à consonance anglaise comme Bob Jones ou Cathy Smith ; en privé, ils s’appellent par leurs noms roms exotiques, comme Ruslan ou Zemfira. Et puis chaque Rom a un nom secret connu seulement de cette personne et de sa mère.

À divers moments, les juifs ont également trouvé avantageux d’obscurcir leur identité derrière des noms à consonance locale. Mon autre grand-père est un exemple typique. Il est né à Jitomir, en Ukraine. Quand, à l’époque de la Révolution russe, ses parents et ses sœurs décampèrent pour Brooklyn, le laissant derrière eux, il vit qu’il était bon de changer son nom pour le très générique nom russe Alexander Orlov, laissant tout le monde croire qu’il était un orphelin russe. Il a vécu une bonne et longue vie, d’abord à Kiev, puis à Leningrad, sous une identité assumée, mais quelque temps après sa retraite, il a soudainement choqué ses enfants en leur apprenant qu’il était juif, que son nom n’était pas Alexander mais Abraham, et qu’il déménageait en Israël où il faisait plus chaud, avec plus de soleil. Il a aussi rencontré une de ses sœurs, mais celle-ci a ensuite été boudée par toute la famille, étant devenu témoin de Jehovah. Ce n’est pas que la sœur restante ou sa famille soient moins religieuses ; à un moment donné, ils ont essayé le rituel de Pessa’h, pour notre bénéfice, je suppose. Mais ça a été un tel travestissement que ça m’a fait pleurer. (J’étais jeune et impressionnable à l’époque, maintenant j’en rirai probablement).

Les identités rom et juive sont matrilinéaires : on ne peut pas être un Rom ou un juif, à moins que la mère soit rom, ou juive, respectivement. (À propos, je ne suis pas juif pour cette raison, entre autres : du côté de ma mère, le lignage est russe).  C’est tourné à leur avantage dans les sociétés qu’ils colonisent, qui sont toutes patrilinéaires. Les Roms ne semblent pas facilement se marier avec des locaux à cause de leur attitude très négative envers les « gadjes ». L’ampleur considérable des mariages mixtes juifs est facilité par leur apparence : les Roms ont souvent l’air de venir du nord de  l’Inde, alors que les juifs européens (ashkénazes) paraissent plus européens que les Arabes et les autres tribus du Moyen-Orient. Ils ne sont pas exactement une race ou un groupe ethnique : la moitié des chromosomes X (femelles) peuvent être d’origine juive, mais les chromosomes Y (mâles) peuvent avoir été empruntés à un autre groupe (et c’est très souvent le cas). Étant donné que le chromosome Y est un foyer d’évolution, cet emprunt génétique confère un avantage considérable en ce qui concerne la valeur sélective inclusive.

Ainsi, dans les mariages mixtes, les femmes juives fonctionnent un peu comme les oiseaux appelés « coucous » qui pondent leurs œufs dans d’autres nids d’oiseaux, obligeant d’autres oiseaux à élever des poussins de coucou à côté des leurs. Le « shiketz » (un mari « goy ») peut penser que ses enfants ajoutent au nombre de sa propre tribu, mais se trompe tristement. Les femmes juives peuvent aider à coloniser les sociétés en épousant des hommes locaux et en les faisant élever des juifs (en secret si nécessaire) à leurs frais. Ce détail saillant n’a pas été perdu pour tout le monde ; en particulier les cosaques, qui patrouillaient dans les marges de l’Empire russe et qui arrachaient et épousaient des femmes persanes, turques et caucasiennes puis les baptisaient et les russifiaient, ne voulaient rien avoir à faire avec les femmes juives. D’autre part, jusqu’à très récemment, ramener à la maison une « shiksa » (une femme « goy ») était fortement désapprouvé dans les familles juives, parce que les enfants d’une telle union ne pouvaient pas être considérés comme des juifs.

Si les juifs ne sont pas une race ni un groupe ethnique, sont-ils une religion ? De fait, il n’y a pas de liberté de religion parmi les juifs : selon la plupart des juifs, on ne peut être juif musulman ou juif chrétien et être encore juif. Mais plus de la moitié des juifs des États-Unis et d’Israël sont athées, et il y a beaucoup plus d’athées parmi les juifs américains que parmi la population générale. Le rituel de circoncision est généralement requis comme condition à l’inclusion sociale, mais il n’a pas beaucoup de signification religieuse dans une société qui (quelque peu inexplicablement) essaie de circoncire tous les bébés mâles indépendamment de la religion des parents.

Si les juifs ne sont ni une race/ethnie ni une religion, alors que sont-ils ? Par processus d’élimination, ils sont comme les Roms : une caste nomade. Beaucoup d’éléments qui signalent l’appartenance à une caste sont les mêmes : la xénophobie inhérente à des termes tels que « goy » / « gadjo » ; l’insistance sur la matrilinéarité même dans les sociétés généralement patrilinéaires ; la tendance à cultiver une identité secrète ; et la tendance à bouger et à coloniser de nouveaux pays lorsque les conditions le justifient.

Les juifs peuvent fonctionner comme une caste nomade aux États-Unis, qui sont  un pays plein de passions et de divisions sociales claniques, cultuelles, basées sur la notion de classe, de ségrégation par la race, le revenu et la religion et par beaucoup d’autres distinctions sociales autour de castes. Ils pouvaient fonctionner comme une caste dans la Russie pré-révolutionnaire en étant admis et tolérés, mais aussi séparés parce qu’ils ne louaient pas la Sainte Trinité et ne vénéreraient pas la Sainte Croix dans un pays où le christianisme orthodoxe était une condition préalable à la pleine citoyenneté. Mais la Russie post-révolutionnaire n’est pas si propice à la préservation de la caste juive.

Premièrement, un Russe a le droit de choisir la nationalité de chaque parent (la Fédération de Russie est composée de 160 nationalités, chacune avec sa propre langue), celle par défaut (qui est le russe) ou de ne pas en déclarer du tout. De plus, les lois religieuses ou autres qui interfèrent avec cette liberté de choix portent atteinte à ce droit. Deuxièmement, un Russe a le droit de pratiquer n’importe quelle religion, indépendamment du choix de sa nationalité. Ainsi, les lois religieuses ou autres qui lient une religion à sa nationalité enfreignent ce droit. Troisièmement, il est généralement admis que l’identité russe imprègne toutes les autres. Il existe une distinction linguistique entre « Rossiysky » (appartenant au pays) et « Russky » (qui concerne la nationalité), mais en pratique, les deux mots sont utilisés de manière interchangeable. Ainsi, un juif russe est d’abord un Russe (linguistiquement, culturellement, socialement, éventuellement religieusement) et un juif ensuite. Être juif, c’est comme tenir une rose entre les dents : un accessoire de mode intéressant et idiosyncratique.

Si vous pensez que ce sont de petits détails, vous devriez voir les réactions hystériques et xénophobes que je peux provoquer plus ou moins à volonté dans presque n’importe quel groupe de juifs simplement en disant que je suis juif du fait d’avoir deux grands-pères juifs. Bien sûr, ma mère est russe, mais je suis un juif russe, et en Russie la nationalité peut passer de père en fils, et c’est le cas habituellement. Oh, et d’ailleurs je suis chrétien, donc les lois juives ne s’appliquent pas à moi. La dissonance cognitive d’être confronté au fait que les juifs sont une caste doit être plus que pénible pour ses membres. Donc, bien, je ne suis pas un juif ; je n’ai pas non plus de rose entre les dents. En fait, il est fallacieux de ma part de provoquer les juifs avec désinvolture en disant que je pourrais être juif, parce que je ne ressens même pas le moindre petit atome de judaïté et que je suis parfaitement en paix avec le fait d’être russe.

Le but de tout ceci est que, pour toutes les raisons mentionnées ci-dessus, vous ne devriez jamais écouter de nouveau ce que les juifs américains ont à dire sur la Russie. Tout ce qu’ils ont à livrer dans ce domaine est frelaté, des produits contaminés. Il est absolument essentiel pour la sécurité de toute la planète que les États-Unis et la Russie entretiennent de bonnes relations de coopération, de professionnalisme et d’amitié fondées sur des faits actuels plutôt que sur des faussetés, des fanatismes, des insinuations ou des histoires périmées. Il est incroyablement autodestructeur d’utiliser les mensonges répandus sur la Russie comme une excuse pour continuer à nourrir le monstre militaire américano-israélien. Si les Américains ont besoin d’un parfait exemple de bonnes relations avec la Russie, en voici un : il s’appelle Israël.

Dmitry Orlov

Traduit par Hervé vérifié par Diane relu par Catherine pour le Saker Francophone.
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Asie, Pacifique / Pourquoi Poutine « autorise-t-il » Israël à bombarder la Syrie ?
« Dernier message par JacquesL le 07 février 2018, 09:09:10 pm »
Pourquoi Poutine « autorise-t-il » Israël à bombarder la Syrie ?

http://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-poutine-autorise-t-il-israel-a-bombarder-la-syrie

Par le Saker – Le 18 janvier 2018 – Source The Saker


Informationclearinghouse a récemment publié un article de Darius Shahtahmasebi intitulé « Israel Keeps Bombing Syria and Nobody Is Doing Anything About It » [Israël continue de bombarder la Syrie et personne ne fait rien]. Suite à cette publication, j’ai reçu un courriel d’un lecteur, qui me pose la question suivante : « Poutine permet à Israël de bombarder la Syrie. Pourquoi ? Je suis troublé par les actes de Poutine – est-ce qu’il soutient discrètement l’entité sioniste ? J’apprécierais vos commentaires à ce sujet. J’ai aussi entendu – mais je ne suis pas en mesure de le confirmer – que les immigrants juifs en Palestine occupée sont les meilleurs persécuteurs des Palestiniens – il faut en faire beaucoup pour dépasser des gens comme Netanyahou. Merci de commenter. » Alors que dans son article, Darius Shahtahmasebi se demande pourquoi le monde ne fait rien pour arrêter les Israéliens (« Pourquoi l’Iran, la Syrie et / ou le Hezbollah au Liban n’ont-ils pas répliqué directement ? »), mon lecteur est plus précis et se demande pourquoi Poutine (ou la Russie) en particulier non seulement permet à Israël de bombarder la Syrie mais « soutient » même éventuellement l’entité sioniste.

Je vois souvent cette question dans des courriels et dans des commentaires, donc j’ai voulu traiter cette question aujourd’hui.

Premièrement, nous devons examiner quelques hypothèses importantes sous-entendues par cette question. Ces hypothèses sont :

  • Que la Russie peut faire quelque chose pour arrêter les Israéliens ;
  • Que la Russie devrait (ou est même moralement obligée de) faire quelque chose.
Permettez-moi d’abord de dire que je ne suis absolument pas d’accord avec ces deux hypothèses, en particulier la seconde. Prenons-les l’une après l’autre.

Hypothèse 1 : la Russie peut stopper les attaques israéliennes sur la Syrie

Comment ? Je pense que la liste des options est assez évidente. Les options russes vont de l’action diplomatique (comme les protestations et condamnations privées et publiques, les tentatives de faire passer une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU) à l’action militaire directe (abattre un avion israélien, les « peindre » avec un radar d’engagement pour essayer de les effrayer ou, au moins, essayer d’intercepter des missiles israéliens).

Essayer de raisonner avec les Israéliens ou leur faire écouter l’ONU a été tenté par de nombreux pays depuis des décennies et s’il y a une chose qui ne fait plus aucun doute, c’est que les Israéliens se fichent totalement de ce que tout le monde dit. Donc leur parler n’est qu’un gaspillage d’oxygène. Et les menacer ? Effectivement, je pense que ça pourrait marcher, mais à quel risque et à quel prix ?

Tout d’abord, alors que j’ai toujours dit que les forces terrestres de l’armée israélienne sont assez mauvaises, ce n’est pas le cas de leurs forces aériennes. En fait, leur bilan est assez bon. Maintenant, si vous regardez où sont les défenses aériennes russes, vous verrez qu’elles sont toutes concentrées autour de Khmeimim et Tartous.  Oui, un S-400 a une très longue portée, mais celle-ci dépend de beaucoup de choses, y compris la taille de la cible, sa section radar transversale, ses capacités de guerre électronique, la présence d’avions spécialisés dans la guerre électronique, l’altitude, etc. Les Israéliens sont des pilotes compétents qui ont une grande aversion pour le risque et sont donc très prudents dans ce qu’ils font. Enfin, les Israéliens savent très bien où sont les Russes et où sont leurs missiles. Je pense qu’on pourrait dire avec assez de certitude que les Israéliens veillent à garder une distance de sécurité minimale entre eux et les Russes, ne serait-ce que pour éviter tout malentendu. Mais admettons que les Russes aient eu la chance d’abattre un avion israélien – quelle serait la réaction probable d’Israël à un tel tir ? Dans cet article, Darius Shahtahmasebi écrit : « Est-ce parce qu’Israël aurait plus de 200 bombes nucléaires, toutes ‘pointées sur l’Iran’ et que l’Iran et ses alliés ne peuvent pas grand chose pour faire face à une telle menace ? ». Je ne vois pas les Israéliens faire usage d’armes nucléaires contre les forces russes, cela ne signifie cependant en aucune manière que les Russes, lorsqu’ils traitent avec Israël, ne devraient pas considérer le fait qu’Israël est une puissance nucléaire gouvernée par des mégalomanes racistes. Concrètement, cela signifie ceci : « La Russie (ou tout autre pays) doit-elle risquer un affrontement militaire avec Israël pour la destruction de quelques camions ou d’un dépôt d’armes et de munitions ? » À mon avis, la réponse évidente est « non ».

Alors que c’est le genre de calculs que les États-Unis ignorent tout simplement (du moins officiellement – d’où les bruits de sabre contre la RPDC), la Russie est gouvernée par un homme sain d’esprit et responsable qui n’a pas l’habitude de se lancer tête baissée dans un conflit, d’où la décision russe de ne pas riposter en nature quand les turcs ont abattu un SU-24 russe. Si les Russes n’ont pas exercé de représailles contre les turcs, ils ne vont assurément pas attaquer les Israéliens lorsque ceux-ci attaquent une cible non russe !

Il y a aussi des questions purement factuelles à considérer : même si certains systèmes de défense aérienne russes sont très avancés et pourraient abattre un nombre X d’avions israéliens, ils sont loin d’être suffisamment nombreux pour empêcher toute l’armée israélienne de les saturer. En fait, tant Israël que le CENTCOM ont tout simplement un tel avantage sur l’assez petit contingent russe qu’ils pourraient tous deux écraser les défenses russes, même s’ils pourraient subir des pertes au cours du processus.

Donc oui, les Russes pourraient probablement stopper une ou quelques attaques israéliennes, mais si les Israéliens décidaient de s’engager dans une campagne aérienne soutenue contre des cibles en Syrie, il n’y a rien que les Russes pourraient faire à moins d’entrer en guerre contre Israël. Donc là aussi un principe stratégique s’applique totalement : vous ne voulez jamais lancer un processus d’escalade que vous ne pouvez ni contrôler ni gagner. Dit simplement, cela signifie : si les Russes contre-attaquent, ils perdent et les Israéliens gagnent. C’est vraiment aussi simple que cela (les stratèges en chambre ne le savent apparemment pas).

Et cela demande un examen critique de la seconde hypothèse.

Hypothèse 2 : la Russie a le devoir moral de stopper les attaques israéliennes contre la Syrie

C’est celle qui me laisse le plus perplexe. Pourquoi quelqu’un penserait-il que la Russie doive une quelconque protection à quiconque partout sur la planète ? Pour commencer, quand quelqu’un est-il venu la dernière fois à l’aide de la Russie ? Je ne me rappelle pas que quelqu’un, au Moyen-Orient, ait proposé son soutien à la Russie sur la Tchétchénie, la Géorgie ou, d’ailleurs, en Ukraine ! Combien de pays du Moyen-Orient ont-ils reconnu l’Ossétie du Sud ou l’Abkhazie (et comparez cela avec le cas du Kosovo !) ? Où était l’« aide » ou l’« amitié » des musulmans pour la Russie lorsque des sanctions lui ont été imposées ou que le prix du pétrole a chuté ? Rappelez-moi exactement comment les « amis » de la Russie lui ont exprimé leur soutien pour, disons, le Donbass ou la Crimée ?

Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi la Russie a une obligation morale avec la Syrie ou l’Iran ou le Hezbollah lorsque pas un seul pays musulman ou arabe n’a fait quoique ce soit pour aider le gouvernement syrien à lutter contre les takfiris ? Où est la Ligue arabe ? Où est l’Organisation de coopération islamique ?

N’est-ce pas un fait que la Russie a fait plus en Syrie que tous les pays de la Ligue arabe et de l’OCI réunis ?

D’où vient ce sentiment des Arabes et des musulmans du Moyen-Orient qui leur dit qu’un pays lointain, aux prises avec une masse de problèmes politiques, économiques et militaires qui lui sont propres doit faire plus que ce que font les voisins immédiats de la Syrie ?

Poutine est le président de la Russie et il est tout d’abord responsable envers le peuple russe à qui il doit expliquer toutes les pertes et chaque risque qu’il prend. Il me semble qu’il a absolument raison lorsqu’il agit d’abord pour défendre le peuple qui l’a élu et non quelqu’un d’autre.

En passant, Poutine a été très clair sur la raison pour laquelle il ordonnait une intervention militaire russe (très limitée) en Syrie : pour protéger les intérêts russes en tuant, par exemple des takfiris fous en Syrie pour ne pas devoir les combattre ensuite dans le Caucase et dans le reste de la Russie. À aucun moment et en aucune manière, un responsable russe ne s’est référé à une quelconque obligation de la Russie à l’égard de la Syrie ou de tout autre pays dans la région. C’est vrai, la Russie a soutenu le président Assad, mais ce n’était pas en raison d’une obligation envers lui ou son pays mais parce que les Russes ont toujours insisté sur le fait qu’il était le président légitime de la Syrie et que seul le peuple syrien avait le droit de le remplacer (ou de le garder). Et c’est bien sûr, dans l’intérêt national russe de montrer que contrairement aux États-Unis, la Russie soutient ses alliés. Mais rien de tout cela ne signifie que la Russie est maintenant responsable de protéger la souveraineté de l’espace aérien ou du territoire syrien.

En ce qui me concerne, le seul pays qui a fait davantage pour la Syrie que la Russie est l’Iran et, au lieu de montrer leur gratitude, les pays arabes « remercient » les Iraniens en conspirant contre eux avec les États-Unis et Israël. Hassan Nasrallah a parfaitement raison lorsqu’il traite tous ces pays de traîtres et de collaborateurs de l’Empire anglosioniste.

Il y a quelque chose de profondément immoral et hypocrite dans ces constantes pleurnicheries que la Russie devrait faire plus alors qu’en réalité la Russie et l’Iran sont les deux seuls pays à faire quelque chose de significatif (et le Hezbollah, bien sûr !).

Maintenant, permettez-moi d’aborder quelques questions fréquemment posées.

Question 1 : mais la Syrie, l’Iran et le Hezbollah ne sont-ils pas des alliés de la Russie ?

Oui et non. Objectivement oui. Formellement non. Ce que cela signifie est que tandis que ces trois entités ont des objectifs communs, elles sont également indépendantes et certains de leurs objectifs ne sont pas partagés par les autres. En outre, elles n’ont pas de traité de défense mutuelle et c’est pourquoi ni la Syrie, ni l’Iran ni le Hezbollah n’ont riposté à la Turquie lorsque les Turcs ont abattu le SU-24 russe. Même si certains pourraient être en désaccord, je dirais que cette absence de traité de défense mutuel formel est une très bonne chose ne serait-ce que parce qu’il empêche les forces russes ou iraniennes en Syrie de devenir des forces qui, si elles sont attaquées, exigeraient une réponse immédiate de l’allié. Dans une situation aussi dangereuse et explosive que celle du Moyen-Orient, le genre de souplesse conférée par l’absence de toute alliance formelle est un grand avantage pour toutes les parties impliquées.

Question 2 : cela signifie-t-il que la Russie ne fait rien ou même qu’elle soutient Israël ?

Bien sûr que non ! En fait, Netanyahou s’est même rendu à Moscou pour émettre toutes sortes de menaces et il est retourné à la maison sans rien (des sources russes rapportent même que les Israéliens ont fini par crier contre leurs homologues russes). Rappelons ici quelque chose qui devrait être évident pour tout le monde : l’intervention russe en Syrie a été une catastrophe absolue, totale et complète pour Israël (je l’explique en détail dans cet article). Si les Russes se souciaient le moins du monde des intérêts israéliens, ils ne seraient jamais intervenus en Syrie, pour commencer ! Cependant, cette politique russe au Moyen-Orient (ou ailleurs) ne signifie pas du tout que la Russie peut tout simplement ignorer la puissance très réelle des Israéliens, non seulement à cause de leurs armes nucléaires mais également à cause de leur contrôle de facto du gouvernement étasunien.

Question 3 : donc que se passe-t-il vraiment entre la Russie et Israël ?

Comme je l’ai expliqué ailleurs, la relation entre la Russie et Israël est très complexe et se situe à des niveaux multiples et rien entre ces deux pays n’est vraiment noir ou blanc. D’une part, il existe un lobby pro-Israël puissant en Russie, que Poutine a affaibli au fil des années, mais seulement par petites étapes. La clé pour Poutine est de faire ce qui doit être fait pour faire avancer les intérêts russes mais sans provoquer une crise politique interne ou externe. C’est pourquoi les Russes font certaines choses, mais plutôt tranquillement.

Tout d’abord, ils réhabilitent les défenses aériennes syriennes vieillissantes, non seulement avec des mises à jour informatiques, mais aussi avec du nouveau matériel. Ils forment aussi, évidemment, les équipages syriens. Cela ne signifie pas que les Syriens pourraient fermer leur ciel à l’aviation israélienne, mais que peu à peu, les risques d’attaquer la Syrie augmentent chaque mois. Nous ne le remarquons pas, mais j’ai confiance qu’une analyse soigneuse montrera que la valeur des types de cibles que les Israéliens attaqueront diminuera et diminuera encore, signifiant que les Syriens deviendront toujours plus capables de défendre leurs ressources les plus importantes.

Ensuite, il est assez évident que la Russie, l’Iran et le Hezbollah travaillent en synergie. Par exemple, les Russes et les Syriens ont intégré leurs défenses aériennes, ce qui signifie qu’aujourd’hui les Syriens peuvent « voir » beaucoup plus loin que leurs propres radars le leur permettraient. En plus, il faut considérer le nombre de missiles de croisière américains qui n’ont jamais atteint la base aérienne syrienne que Trump voulait bombarder : il est plus ou moins admis aujourd’hui que c’était le résultat des contre-mesures de guerre électronique russes.

Enfin, il est clair que les Russes « couvrent » politiquement le Hezbollah et l’Iran en refusant de les traiter comme des parias, ce qu’Israël et les États-Unis exigent depuis le début. C’est la raison pour laquelle l’Iran est traité comme un acteur clé du processus de paix soutenu par les Russes, tandis que les États-Unis et Israël ne sont même pas invités.

La vérité est simple : les Russes ne s’opposeront pas directement aux Israéliens, mais ce qu’ils feront est de renforcer tranquillement l’Iran et le Hezbollah, ce qui est non seulement plus sûr mais aussi plus efficace.

Conclusion

Nous vivons dans une société amochée et dysfonctionnelle qui, après des décennies de domination étasunienne, confond la guerre et l’agression avec la force, qui accepte implicitement l’idée qu’un « grand pays » est celui qui, régulièrement déchaîne sa violence et qui recourt toujours à la force armée pour riposter à une attaque. Je soutiens que les dirigeants russes et iraniens sont beaucoup plus raffinés que ça. Cela vaut aussi pour le Hezbollah, d’ailleurs. Vous souvenez-vous quand les Israéliens (avec la complicité évidente de certains membres du régime syrien, d’ailleurs) ont assassiné Imad Mughniyeh?  Le Hezbollah a promis de se venger, mais jusqu’à présent, presque dix ans plus tard, il ne l’a pas fait (ou du moins pas officiellement). Certains diront que les menaces du Hezbollah étaient des paroles en l’air – je ne suis pas du tout d’accord. Lorsque Hassan Nasrallah promet quelque chose, vous pouvez le tenir pour acquis. Mais les chefs du Hezbollah sont suffisamment sophistiqués pour riposter au moment opportun et à leurs propres conditions. Et pensez aux Iraniens qui, depuis la Révolution islamique de 1979, ont été dans la ligne de mire des États-Unis et d’Israël et qui n’ont jamais donné à aucun d’eux de prétexte pour les attaquer.

Lorsque vous êtes beaucoup plus puissant que votre adversaire, vous pouvez être stupide et répondre par la force brute, imbécile. Au moins à court ou moyen terme. Finalement, comme nous le voyons avec les États-Unis aujourd’hui, ce genre de stupidité agressive a l’effet inverse et finit par être contre-productif. Mais lorsque vous êtes plus petit, plus faible ou encore en train de recouvrer votre force potentielle, vous devez agir avec beaucoup plus de prudence et de finesse.  C’est pourquoi tous les adversaires de l’Empire anglosioniste (y compris le Hezbollah, la Syrie, l’Iran, la Russie, la Chine, Cuba, le Venezuela) font tout leur possible pour éviter d’utiliser la force contre les Anglosionistes, même quand elle serait tout à fait méritée. La seule exception à cette règle est Kim Jong-un, qui a choisi une politique de menaces hyperboliques qui, bien qu’elle soit peut-être efficace (il semble s’être montré plus malin que Trump, du moins jusqu’à maintenant), est aussi très dangereuse et aucun des pays de l’Axe de la résistance ne veut y participer.


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Les Russes, les Iraniens et le Hezbollah sont devenus « adultes » (en termes politiques), et Assad apprend très vite, et tous comprennent qu’ils affrontent un « singe avec une grenade à main » (cela s’applique totalement aux dirigeants israéliens et américains), qui combine une personnalité mauvaise, un tempérament emporté, un cerveau primitif et une grenade à main assez grande pour tuer tout le monde dans la pièce. Leur tâche est d’immobiliser le singe sans qu’il tire sur la goupille. Dans le cas des attaques israéliennes contre la Syrie, la responsabilité première de répondre d’une manière ou d’une autre incomberait soit à la cible des attaques (généralement le Hezbollah) soit au pays dont la souveraineté a été violée (la Syrie). Et tous deux pourraient, théoriquement, riposter (avec des missiles tactiques par exemple). Pourtant, ils ont choisi de ne pas le faire, et c’est l’approche sage et correcte. Quant aux Russes, ce n’est tout simplement pas leur affaire.

Addendum 1

Une dernière chose. Ne vous y trompez pas : la propension des Israéliens (et des Américains !) à recourir à la force comme substitut à la diplomatie est un signe de faiblesse et non de force. Plus précisément, leur usage de la force, ou sa menace, est le résultat de leur incompétence diplomatique. Alors que pour l’esprit non averti, l’usage systématique de la force peut apparaître comme l’expression de la puissance, l’histoire montre que la force brutale peut être vaincue lorsqu’elle n’est pas contestée directement, mais combattue par d’autres moyens. C’est, nécessairement, un processus lent, beaucoup plus lent qu’une « victoire rapide » (la plupart du temps tout à fait théorique), et néanmoins inéluctable. En termes purement théoriques, l’usage de la force peut grosso modo avoir n’importe lequel des autres résultats. Parfois l’usage de la force est vraiment la seule solution, mais je soutiens que le dirigeant politique sage ne recourra à elle que lorsque toutes les autres options ont échoué et lorsque des intérêts vitaux sont en jeu. Dans toute autres situation, « une mauvaise paix est préférable à une bonne guerre ».

Addendum 2

Contrairement aux hallucinations des néocons, la Russie n’est absolument pas une « URSS renaissante » et Poutine n’a aucun désir de reconstruire l’Union soviétique. En plus, il n’y a pas d’électorat significatif en Russe pour ce genre de plans « impériaux » (c’est vrai, il y a toujours quelques fous partout, mais en Russie ils sont, Dieu merci, une minorité impuissante). De plus, la nouvelle Russie n’est définitivement pas un pays « anti-USA » au sens où elle essayerait de contrer tout geste impérial ou hégémonique des États-Unis. C’est peut-être évident pour beaucoup, mais je reçois tant de questions sur la raison pour laquelle la Russie ne fait pas plus pour contrer les États-Unis en Afrique, en Amérique latine ou en Asie, que je pense qu’il est, hélas, toujours important de rappeler à tout le monde un principe de base du droit international et du bon sens : les problèmes du pays X doivent être réglés par le pays X. La Russie n’a, pas plus que les États-Unis, à « résoudre » les problèmes du pays X. En outre, les problèmes du pays X sont généralement mieux traités par les voisins immédiats de ce pays, et non par des superpuissances messianiques mégalomanes qui croient qu’elles devraient « projeter leur puissance » parce qu’elles sont « indispensables » ou parce que leur « destinée manifeste » leur a confié la « responsabilité » de « diriger » le monde. Toute cette terminologie n’est que l’expression d’une mentalité impériale pathologique et délirante qui a coûté à la Russie et à l’Union soviétique un prix effroyable en argent, en énergie, en ressources et en sang (par exemple l’intervention soviétique en Afghanistan a été justifiée par l’évocation du « devoir internationaliste » de l’Union soviétique et du peuple d’aider une « nation sœur »). Alors que ce genre d’absurdité est toujours 100% dominante dans les pauvres vieux États-Unis, elle est absolument rejetée dans la Russie moderne. Malgré toute la crédibilité personnelle de Poutine auprès du peuple russe, même lui ne pourrait pas s’en tirer en essayant d’intervenir militairement, encore moins contrôler la planète entière, à moins que les intérêts russes vraiment vitaux ne soient menacés (la Crimée a été un de ces très rares cas). Certains le déploreront, personnellement je m’en réjouis, mais la vérité est que « les Russes n’arrivent PAS ».

The Saker         

Cet article a été rédigé pour Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

Je reprends la parole pour en conclure que les Donbassites devront bloquer et défaire la prochaine grande offensive ukraïnienne qui va survenir au printemps avec leurs seules forces, devront faire du tir de contre-batterie sans aucun gadget nouveau, avec la seule aide aérienne de quelques drones. En pariant que les seuls avions d'attaques dont disposent encore les ukies sont des SU25 qui devront attaquer à l'altitude où ils pourront être atteints avec des missiles à l'épaule.
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Asie, Pacifique / Oncle Sam se débarrasse (de nouveau) des Kurdes.
« Dernier message par JacquesL le 06 février 2018, 06:18:53 pm »
Oncle Sam se débarrasse (de nouveau) des Kurdes.
http://lesakerfrancophone.fr/oncle-sam-se-debarrasse-de-nouveau-des-kurdes

Oncle Sam se débarrasse (de nouveau) des Kurdes
2015-09-15_13h17_31-150x112Par le Saker – Le 26 janvier 2018 – Source The Saker

Le drame qui se joue dans le nord de la Syrie est vraiment un cas presque idéal pour évaluer à quel point l’Empire anglosioniste est faible et totalement dysfonctionnel. Mais d’abord, un bref rappel.

Les buts américano-israéliens en Syrie étaient vraiment très simples. Comme je l’ai déjà écrit dans un précédent article, le plan anglosioniste initial était de renverser Assad et le remplacer par les fous takfiris (Daech, al-Qaïda, al-Nusra, ISIS – appelez-les comme vous voulez). Cela permettrait d’atteindre les objectifs suivants.


Faire tomber un État laïque arabe fort, avec sa structure politique, ses forces armées et ses services de sécurité ;
Créer le chaos total et l’horreur en Syrie justifiant la création d’une « zone de sécurité » par Israël, non seulement dans le Golan mais plus au nord ;
Déclencher une guerre civile au Liban en lâchant les fous takfiris contre le Hezbollah ;
Laisser les takfiris et le Hezbollah se saigner mutuellement à mort puis créer une « zone de sécurité », mais cette fois au Liban ;
Empêcher la création d’un axe chiite Iran–Irak–Syrie–Liban ;
Diviser la Syrie selon des critères ethniques et religieux ;
Créer un Kurdistan qui pourrait ensuite être utilisé contre la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran ;
Permettre à Israël de devenir l’agent incontesté de la puissance au Moyen-Orient et forcer l’Arabie saoudite, le Qatar, Oman, le Koweït et tous les autres à se rendre en Israël pour tout projet de gazoduc ou d’oléoduc ;
Petit à petit, isoler, menacer, subvertir et finalement attaquer l’Iran avec une large coalition de forces régionales ;
Éliminer tout centre de pouvoir chiite au Moyen-Orient.
L’intervention militaire russo-iranienne conjointe a fait totalement échouer ce plan. Un temps, les États-Unis ont essayé de briser la Syrie avec des scénarios divers, mais la manière dont les forces aérospatiales russes ont pilonné tous les « bons terroristes » a finalement convaincu les Anglosionistes que ça ne marcherait pas.

Le plus grand problème pour l’Empire est que même s’il dispose d’une puissance de feu importante dans la région (et dans le monde), il ne peut pas déployer de « bottes sur le terrain ». Être les fantassins de l’Empire était, en fait, le rôle que les Anglosionistes avaient assigné aux fous takfiris (autrement dit Daech/IS/ISIS/al-Qaïda/al-Nusra, etc.) mais ce plan a échoué. Les seuls alliés restants des États-Unis sont Israël et l’Arabie saoudite. Le problème avec eux est que, exactement comme les États-Unis, ces pays n’ont pas de forces terrestres capables de se déployer en Syrie et d’affronter non seulement l’armée syrienne, mais les forces beaucoup plus compétentes de l’Iran et du Hezbollah. Assassiner des civils est vraiment la seule chose dans laquelle les Israéliens et les Saoudiens sont experts, du moins sur le terrain (dans le ciel, l’Armée de l’air israélienne est très bonne). Et entrent les Kurdes.

Les Anglosionistes voulaient utiliser les Kurdes exactement comme l’OTAN s’était servie de l’UCK au Kosovo : comme une force terrestre qui pourrait être soutenue par les États-Unis / OTAN et peut-être même par la puissance aérienne israélienne. Contrairement aux Israéliens et aux Saoudiens, les Kurdes sont une force terrestre relativement compétente (quoique pas capable d’affronter, par exemple, la Turquie ou l’Iran).

Les gens du Pentagone avaient déjà essayé quelque chose de semblable l’an dernier lorsqu’ils ont tenté de créer un Kurdistan souverain en Irak par référendum. Les Irakiens, avec un peu d’aide de l’Iran, ont immédiatement mis fin à cette absurdité et tout l’exercice a été un lamentable « flop ».

Ce qui soulève immédiatement une question évidente : les Américains sont-ils capables d’apprendre de leurs erreurs ? À quoi pensaient-ils donc lorsqu’ils ont annoncé la création d’une force de sécurité de 30 000 hommes aux frontières syriennes (BSF dans le sigle anglais), ainsi nommée pour donner l’illusion que le projet était la protection de la frontière de la Syrie et non sa partition ? Le but véritable était, comme toujours, de faire pression sur la Turquie, l’Iran, l’Irak, la Syrie et la Russie tout en s’emparant d’une grande quantité de pétrole. Comme toujours avec Oncle Shmuel, tout ce projet n’avait pas d’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU et était donc totalement illégal au regard du droit international (tout comme l’est la présence des États-Unis dans l’espace aérien et sur le territoire de la Syrie, mais plus personne ne s’en soucie).

Trump et ses généraux pensaient-ils vraiment que la Turquie, l’Iran, la Syrie et la Russie accepteraient un protectorat américain en Syrie déguisé en « Kurdistan indépendant » et ne feraient rien ? De nouveau, et je sais que cela semble difficile à croire, mais je pense que c’est une nouvelle indication forte que l’Empire est dirigé par des gens stupides et ignorants, dont le cerveau et l’éducation ne leur permettent tout simplement pas de saisir même les dynamiques de base dans les régions de notre planète où ils s’ingèrent.

Quoi qu’il en soit, les Turcs ont réagi exactement comme tout le monde le pensait : le chef de l’état-major turc a sauté dans un avion, s’est envolé pour Moscou, a rencontré des généraux russes de haut niveau (y compris le ministre de la Défense Choïgou) et a obtenu le feu vert de Moscou : non seulement les avions turcs survolant la province d’Afrin en Syrie n’ont pas été contestés par les systèmes de défense aérienne russes (qui ont une couverture étendue dans cette région), mais les Russes ont aussi utilement retiré leur personnel militaire de cette zone pour qu’aucun Russe ne soit blessé. Sergueï Lavrov a déploré cette situation, comme il le devait, mais tout le monde savait que la Turquie avait le soutien russe pour cette opération. J’ajouterais que je suis quasiment sûr que les Iraniens ont également été consultés (peut-être lors de la même réunion à Moscou ?) pour éviter tout malentendu car il y a peu d’amour entre Ankara et Téhéran.

Et les Kurdes ? Bon, comment pourrais-je l’exprimer gentiment ? Disons seulement que ce qu’ils ont fait n’était pas très intelligent. Pour le dire de façon très, très modérée. Les Russes leur ont proposé un accord en or : acceptez une grande autonomie en Syrie, venez au Congrès pour un dialogue national à Sotchi, nous présenterons vos arguments devant les Syriens, les Iraniens et les Turcs (toujours réticents) et nous vous donnerons même de l’argent pour vous aider à développer votre production de pétrole. Mais non, les Kurdes ont choisi de croire aux paroles creuses venant de Washington et lorsque les Turcs ont attaqué, c’est tout ce qu’ils ont obtenu de Washington : des paroles creuses.



En fait, il est assez clair que les Américains ont de nouveau trahi un allié : Tillerson a maintenant donné son feu vert à une zone de sécurité de 30 km en Syrie (comme si quelqu’un lui demandait son avis, sans parler de sa permission !). Jetez un œil sur cette carte de la région d’Afrin et regardez à quoi ressemblent 50 miles (environ 80 km). Vous pouvez immédiatement voir ce que signifie cette « zone de sécurité » de 30 km : la fin de toutes les aspirations kurdes à créer un petit Kurdistan indépendant au nord de la Syrie.

Il n’est pas exagéré de dire que tous ces développements rendent les Russes vraiment heureux. Il est particulièrement doux pour les Russes de voir qu’ils n’ont même pas eu grand chose à faire, que ce sont les États-Unis qui se sont infligés à eux-mêmes cette catastrophe. Qu’y a-t-il de plus doux ?

Examinons tout cela du point de vue russe.

Premièrement, cette situation place la Turquie (un allié des États-Unis et un membre de l’OTAN) sur une trajectoire de collision avec les US / OTAN / UE. Et la Turquie n’est pas « seulement » un allié de l’OTAN, comme le Danemark ou l’Italie. La Turquie est la clé de la Méditerranée orientale et de tout le Moyen-Orient (enfin, l’une d’entre elles, au moins). La Turquie a également un immense potentiel pour être une épine douloureuse dans le « ventre » méridional de la Russie, donc il est vraiment crucial pour cette dernière de maintenir Oncle Sam et les Israéliens aussi loin de la Turquie que possible. Cela dit, personne en Russie n’entretient aucune illusion sur la Turquie et / ou Erdogan. La Turquie sera toujours un voisin problématique pour la Russie (les deux pays ont déjà été 12 fois en guerre !). Mais il y a une grande différence entre « mauvais » et « pire ». Considérant que dans un passé pas très lointain, la Turquie a abattu un avion russe au-dessus de la Syrie, financé, formé et soutenu des « bons terroristes » en Syrie, qu’elle a été profondément impliquée dans le mouvement séparatiste tatar en Crimée et qu’elle a été la principale base arrière pour les terroristes wahhabites en Tchétchénie pendant plus d’une décennie, « pire » dans le cas de la Turquie peut être bien pire que « mauvais » ne l’est aujourd’hui.

Deuxièmement, ces développements ont clairement amené la Turquie à une dynamique de coopération plus étroite avec la Russie et l’Iran, quelque chose que la Russie désire beaucoup. La Turquie toute seule est beaucoup plus un problème potentiel qu’une Turquie qui s’associe avec des partenaires comme la Russie et l’Iran (idéalement avec la Syrie aussi, mais à voir l’animosité entre les deux pays et leurs dirigeants, c’est quelque chose pour le lointain futur, du moins pour le moment). Ce qui se dessine, c’est une alliance régionale russo-turco-iranienne informelle contre l’Axe du Bien : USA–Israël–Arabie saoudite. Si c’est ce qui se produit, ce dernier n’a aucune chance de l’emporter.

Troisièmement, même si les Kurdes sont outrés et se plaignent de la « trahison » russe, ils finiront pas se rendre compte qu’ils l’ont fait eux-mêmes et que leur meilleure chance de liberté et de prospérité est de travailler avec les Russes. Cela signifie que les Russes pourront réaliser avec et pour les Kurdes ce que les États-Unis n’ont pas fait. Encore un bénéfice secondaire très agréable pour les Russes.

Quatrièmement, la Syrie, l’Iran et la Turquie réalisent maintenant une chose simple : seule la Russie se dresse contre les projets fous américano-israéliens pour la région et pour eux. Sans la Russie, rien n’empêche les Anglosionistes de rallumer les « bons terroristes » et les Kurdes et de les utiliser contre l’un d’eux.

Quoiqu’il en soit, il ne suffit pas que les États-Unis et Israël se tirent une balle dans le pied et les regarder saigner. Pour tirer vraiment parti de cette situation, les Russes doivent également atteindre un certain nombre de buts.

D’abord, ils doivent arrêter les Turcs avant que tout cela se transforme en un conflit majeur et prolongé. Depuis que Tillerson a « donné son feu vert » à une zone de sécurité de 30 km, c’est probablement ce qu’Erdogan a dit à Trump au téléphone et c’est probablement ce sur quoi les Russes et les Turcs se sont mis d’accord. Donc, avec un peu de chance, cela ne devrait pas être trop difficile à atteindre.

Ensuite, les Russes doivent parler aux Kurdes et leur proposer de nouveau le même marché : une large autonomie en Syrie en échange de la paix et de la prospérité. Les Kurdes ne sont pas précisément les gens les plus agréables pour discuter, mais puisqu’il n’y a vraiment pas d’autre choix, je parie que dès qu’ils cesseront d’halluciner sur le fait que les États-Unis feront la guerre à la Turquie en leur nom, ils devront s’asseoir à la table et négocier l’accord. De même, les Russes devront vendre le même accord à Damas qui, franchement, n’est pas en position de le rejeter.

Enfin, la Russie n’a ni l’envie ni les moyens de faire constamment face à des flambées de violence au Moyen-Orient. Si l’Empire a désespérément besoin de survivre, la Russie a besoin de paix. Concrètement, cela signifie que les Russes doivent travailler avec les Iraniens, les Turcs, les Syriens pour assurer un cadre de sécurité régionale qui serait garanti et, si nécessaire, imposé par toutes les parties. Et oui, la prochaine étape logique sera d’approcher Israël et l’Arabie saoudite et leur donner des garanties de sécurité en échange de leur promesse de cesser de créer chaos et guerres au nom des États-Unis. Je sais, je serai très critiqué de le dire, mais il y a des gens en Israël, et peut-être en Arabie saoudite qui comprennent peut-être la différence entre « mauvais » et « pire ». Écoutez ce que je dis : dès que les Israéliens et les Saoudiens réaliseront qu’Oncle Sam ne peut plus faire grand chose pour eux, ils deviendront subitement beaucoup plus disposés à des négociations sérieuses. Mais franchement, je ne sais pas si ces esprits rationnels seront suffisants pour faire face aux idéologues enragés. Mais cela vaut assurément la peine d’essayer.

Conclusion

La « stratégie » (je suis vraiment gentil) de l’administration Trump est de d’attiser autant de conflits en autant d’endroits de la planète que possible. L’Empire ne vit que du chaos et de la violence. La réponse russe est l’exact opposé : essayer du mieux qu’on peut d’arrêter les guerres, de désamorcer les conflits et de créer, sinon la paix, au moins une situation de non-violence. Bref : la paix quelque part est le plus grand danger pour l’Empire anglosioniste dont toute la structure repose sur des guerres éternelles. L’échec total et absolu des plans américains pour la Syrie (suivant comment on compte, on en en est au « plan C » ou même au « plan D ») est un indicateur fort de combien l’Empire anglosioniste est devenu faible et totalement dysfonctionnel. Mais « faible » est un terme relatif tandis que « dysfonctionnel » ne signifie pas « inoffensif ». L’actuel manque de cerveaux au sommet, quoique très bon à certains égards, est aussi potentiellement très dangereux. Je m’inquiète en particulier de ce qui semble être une absence totale de véritables militaires (des officiers en contact avec la réalité) autour du président. Est-ce que vous vous rappelez que l’amiral Fallon a parlé un jour du général Petraeus comme d’« une poule mouillée lèche-bottes » ? Cela s’applique aussi à toute la bande de généraux autour de Trump – tous sont le genre d’hommes que de véritables officiers comme Fallon « détesterait » selon ses mots. Quant à l’État, je dirais seulement ceci : je n’attends pas grand chose d’un homme qui n’a même pas pu gérer Nikki Haley, sans parler d’Erdogan.

Vous-vous souvenez comment les États-Unis ont mis le feu à l’Ukraine pour punir les Russes d’avoir contrarié l’attaque qu’ils projetaient sur la Syrie ? Eh bien cette même Ukraine a récemment promulgué une loi abolissant les « opérations anti-terroristes » dans le Donbass et déclarant celui-ci « territoire occupé ». Sous la loi ukie, la Russie est maintenant officiellement un « pays agresseur ». Cela veut dire que les Ukronazis ont aujourd’hui fondamentalement rejeté les Accords de Minsk et qu’ils sont quasiment en situation de guerre ouverte avec la Russie. Les risques d’une attaque ukronazie à large échelle sur le Donbass sont maintenant plus élevés qu’avant, en particulier avant ou pendant la Coupe du monde de football à Moscou l’été prochain (vous vous rappelez Saakachvili ?). Comme ils ont été ridiculisés (de nouveau) avec leur Force de sécurité aux frontières en Syrie, les Américains vont maintenant chercher un endroit pour prendre leur revanche sur les vilains Russkofs et cet endroit sera très probablement l’Ukraine. Et nous pouvons toujours compter sur les Israéliens pour continuer d’assassiner les Palestiniens et de bombarder la Syrie. Quant aux Saoudiens, ils semblent être temporairement occupés à se battre entre eux. Donc à moins que l’Empire fasse quelque chose de vraiment fou, le seul endroit où il peut devenir violent avec pas grand chose à perdre (pour lui), c’est l’Ukraine orientale. Les Novorusses le comprennent. Que Dieu les aide.

The Saker

Cet article a été écrit pour Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

5
Questions mondiales. / Re : La guerre frauduleuse de l’OTAN au nom des femmes
« Dernier message par JacquesL le 02 février 2018, 07:16:38 pm »
Les lecteurs sur Agoravox ont apporté du nouveau :
Phan :
Le viagra « booste » les crimes de guerre en Libye comme la fable du vernis à ongle en Afghanistan

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Questions mondiales. / La guerre frauduleuse de l’OTAN au nom des femmes
« Dernier message par JacquesL le 28 janvier 2018, 11:37:40 am »
A présent que la Syrie est vidée d'hommes pour trente ans "Parce que c'est favorable à israël", voyons les nouvelles missions de l'OTAN modernisée.

Par George Szamuely – Le 9 janvier 2018 – Source CounterPunch

http://lesakerfrancophone.fr/la-guerre-frauduleuse-de-lotan-au-nom-des-femmes

La guerre frauduleuse de l’OTAN au nom des femmes



Dans un récent article du Guardian intitulé « Why NATO Must Defend Women’s Rights » (Pourquoi l’OTAN doit défendre les droits des femmes), le secrétaire général de l’agence, Jens Soltenberg, et la star de cinéma Angelina Jolie affirment que « l’OTAN a la responsabilité et l’occasion d’être un défenseur de premier plan des droits des femmes ». En outre, elle « peut devenir le chef de fil militaire mondial en matière de prévention et de réponse à la violence sexuelle lors des conflits ». Tous deux se sont engagés à identifier « les moyens par lesquels l’OTAN peut renforcer sa contribution à la protection et à la participation des femmes dans tous les aspects de la prévention et de la résolution des conflits ».

L’association d’un bureaucrate de l’OTAN et d’une actrice de cinéma célèbre pourrait paraître étrange à première vue. Cependant ce partenariat a nécessité beaucoup de temps. Il y a quelques années, l’OTAN, toujours à la recherche d’une raison pour justifier son existence, sans parler de son expansion constante, a trouvé une nouvelle raison d’être : elle serait la championne mondiale des femmes. « Réaliser l’égalité entre les genres est notre tâche collective. Et l’OTAN fait sa part » a déclaré Mari Skåre, la représentante spéciale pour les femmes, la paix et la sécurité de l’OTAN, en 2013. En mars 2016, lors de la Journée internationale pour les droits des femmes, l’OTAN a organisé une conférence dite « Barbershop Conference » sur l’égalité des genres. Stoltenberg a saisi l’occasion pour déclarer que l’égalité des sexes était une question terriblement importante pour l’OTAN, parce que « l’OTAN est une organisation basée sur des valeurs et aucune des valeur fondamentales de l’Alliance – libertés individuelles, démocratie, droits et l’homme et primauté du droit – ne fonctionne sans égalité ». La diversité est une source de force. « Nous avons appris en Afghanistan et dans les Balkans qu’en intégrant la question du genre dans nos opérations, nous faisons une différence tangible dans la vie des femmes et des enfants » a expliqué Stoltenberg. Il a souligné que l’OTAN est fière de son bilan en matière d’intégration dans son travail des perspectives de genre. En novembre dernier, Stoltenberg a remis ça : « L’autonomisation des femmes n’est pas seulement la bonne chose à faire, c’est la chose intelligente à faire : cela rend les pays plus sûrs et plus stables. L’OTAN est déterminée à faire une différence. »

L’OTAN a en effet fait une différence mais pas en autonomisant les femmes. Lorsqu’elle n’est pas occupée à bombarder, à tuer, à faire sauter des ponts et des bâtiments, à détruire des réceptions de mariage, à dynamiser des djihadistes, à provoquer des flots de réfugiés et à ruiner les vies d’innombrables femmes, l’OTAN organise des points de presse onctueux, des conférences d’auto-satisfaction et publie des articles comme celui de Stoltenberg / Jolie, cherchant à présenter une coalition militaire gargantuesque de 29 pays comme une organisation caritative d’aide aux nécessiteux.

C’est là qu’Angelina Jolie entre en scène. Jolie est une ambassadrice de bonne volonté du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et, à ce titre, elle parcourt le monde pour reprocher à la « communauté internationale » de ne pas faire assez pour résoudre les crises humanitaires. Son point de vue sur ces crises est systématiquement le même que celui de l’OTAN. « Il est important que nous intervenions en temps opportun » a-t-elle expliqué un jour, « diplomatiquement si nous le pouvons, par la force si nous le devons ». En octobre 2011, après sept mois de bombardements incessants, Jolie s’est précipitée en Libye et a salué avec enthousiasme la « révolution » libyenne.

« Je suis ici […] au nom du peuple libyen pour lui témoigner ma solidarité. Je pense que c’est une révolution au nom des droits de l’homme, je pense que c’est ce que ces gens ont vraiment fait et ce qu’ils ont réclamé, et il faut les aider à mettre en œuvre ces nouvelles lois et à assurer l’avenir de leur pays. »

Parfois, c’est un enthousiasme à couper le souffle pour la « révolution » parfois c’est un plaidoyer larmoyant pour une « intervention humanitaire » – Angelina Jolie est tout sauf cohérente dans sa défense de l’usage occidental de la force. À propos de la Syrie, Jolie a déclaré qu’ « une certaine forme d’intervention est absolument nécessaire ». Elle s’est moquée des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU qui s’opposaient à une intervention. « Je suis convaincue que le recours au droit de véto, lorsque vous avez des intérêts financiers dans le pays, devrait être remis en question et qu’un véto contre une intervention humanitaire devrait être remis en question » a-t-elle déclaré dans une interview. Jolie ne faisait bien sûr que reprendre les paroles violentes de l’administration Obama. Rappelez-vous la tirade de Susan Rice après le veto de la Russie et de la Chine contre une résolution de février 2012 du Conseil de sécurité appelant Bachar al-Assad à se démettre et l’armée syrienne à rentrer dans ses casernes. Rice, alors représentante permanente pour les États-Unis à l’ONU, a qualifié les vétos de « dégoûtants et honteux ». Les pays « qui ont potentiellement bloqué le dernier effort pour résoudre ce problème pacifiquement […] auront du sang sur les mains ».

Ce genre d’attaque contre les membres du Conseil de sécurité qui recourent au droit de véto est devenu un incontournable de tous ceux qui prônent l’intervention humanitaire. Par exemple, l’ancien président français François Hollande a déclaré à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2013 que lorsque des atrocités massives ont lieu, les membres permanents du Conseil de sécurité devraient renoncer à leur droit de véto :

« Les Nations unies ont la responsabilité d’agir. Et chaque fois que notre organisation se révèle impuissante, c’est la paix qui en paie le prix. C’est pourquoi je propose que les membres permanents du Conseil de sécurité définissent un code de bonne conduite et que dans l’éventualité d’un crime de masse, ils puissent décider collectivement de renoncer à leur droit de veto. »

Agir, bien sûr, c’est agir militairement. Cela ne signifie jamais, par exemple, la levée des sanctions afin que la nourriture, le pétrole, les fournitures médicales puissent passer. Au contraire, si une action militaire est écartée, les humanitaires demandent immédiatement un durcissement des sanctions. Les interventionnistes comme Hollande, Rice et autres n’expliquent jamais pourquoi il faut que les membres permanents de l’ONU renoncent à leur droit de véto si la bonne ligne d’action est si évidente. L’hypothèse non énoncée est que toute réticence à sanctionner l’usage de la force ne peut être motivée que par des fautes morales comme la cupidité, l’égoïsme, l’ambition politique ou le manque de compassion.

L’insensibilité de la soi-disant communauté internationale était le message du film qu’Angelina Jolie a écrit et réalisé sur la guerre de 1992-1995 en Bosnie, Au pays du sang et du miel. Le film, dit-elle, « pointe du doigt la communauté internationale, qui aurait dû intervenir beaucoup plus tôt dans la guerre de Bosnie ». Elle s’enorgueillit que Richard Holbrooke et Wesley Clark aient fait partie des experts qu’elle a consultés pour faire le film, deux personnalités qui ont joué des rôles importants dans la dévastation de la Bosnie et du Kosovo. Le film, comme on peut s’y attendre, met en scène de méchants Serbes persécutant d’innocents musulmans. À la question de savoir si son film aurait pu être un petit peu plus équilibré, Jolie a répondu : « Le fait est que la guerre n’était pas équilibrée. Je ne pouvais pas réaliser un film où c’est 50–50. C’est inexact par rapport à ce qui s’est passé. » C’est des trucs standards de l’OTAN, en particulier la partie concernant l’intervention militaire de cette dernière, qui aurait finalement amené la paix en Bosnie.

Jolie est utile à l’OTAN non seulement parce qu’on peut compter sur elle pour faire écho aux justifications de l’Alliance pour sa solution favorite à tout problème, à savoir la menace de recourir à la force. Jolie est le visage glamour de la nouvelle campagne de l’OTAN. Celle-ci voudrait nous faire croire qu’il ne s’agit pas seulement d’éclairer les sociétés arriérées mais nous aussi, citoyens des États-membres, en nous informant sur quelque chose dont nous n’avions apparemment pas conscience jusque là : les violences sexuelles se produisent en temps de guerre. Le remède évident – faire tout ce qui est possible pour éviter la guerre – n’est pas celui que l’OTAN ou Jolie privilégient. On ne peut pas vraiment s’attendre à ce que l’OTAN prône elle-même sa disparition. La langue de l’OTAN, c’est menacer et défendre l’action militaire tout en déplorant en termes larmoyants ses conséquences prévisibles, à savoir les crimes de guerre, y compris les crimes sexuels.

En avril 2014, Jolie a arpenté les Balkans avec le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, visitant le mémorial de Srebrenica à Potocari en Bosnie. Au cours de sa visite, Jolie a déclaré : « Le recours au viol comme arme de guerre est un des crimes les plus cruels et les plus brutaux contre les civils. C’est du viol si brutal, avec une violence si extrême, qu’il est même difficile d’en parler. » Hague et Jolie ont lancé une campagne commune sous le titre de « Prévenir la violence sexuelle en situation de conflit » dont le but était de « lutter contre la culture de l’impunité, veiller à ce que davantage d’auteurs soient traînés en justice et garantir un meilleur soutien au survivants. Nous faisons campagne pour alerter l’opinion publique, mobiliser une action mondiale, promouvoir la cohérence internationale et accroître la volonté et la capacité des États à faire plus. »

Hague a expliqué sérieusement : « J’ai commencé cette campagne avec Angelina Jolie parce que la politique ne doit pas se limiter à traiter des crises urgentes – elle doit aussi améliorer la condition humaine. » Puis Hague s’est échauffé sur son thème : « Des dizaines de milliers de femmes, de fillettes et d’hommes ont été violés pendant la guerre en Bosnie. Nous sommes venus ici pour attirer l’attention du monde sur leur quête de justice et pour appeler à une action mondiale pour mettre fin une fois pour toutes à l’utilisation du viol comme arme de guerre. » Dans une interview à la BBC, Hague a affirmé que les violences sexuelles dans les conflits étaient « l’un des grands crimes de masse du XXe et du XXIe siècle (…) Cela devient de pire en pire – le viol en zone de guerre, utilisé systématiquement et délibérément contre les populations civiles ».

Hague était bien sûr ministre britannique des Affaires étrangères pendant les bombardements de l’OTAN en 2011 sur la Libye. Inutile de dire que l’OTAN n’a rien fait pour aider les femmes en Libye. Au contraire : des milliers de femmes ont perdu la vie en raison des bombes humanitaires de l’OTAN et de Hague. L’OTAN a détruit le gouvernement, la loi et l’ordre public, les institutions qui, avant son intervention, avaient protégé les femmes libyennes des crimes sexuels. Le plus frappant, l’OTAN a aidé à remettre peut-être des millions de femmes dans les mains d’ISIS. Voici un compte-rendu du record du gouvernement d’ISIS en Libye établi par Human Rights Watch (un organisme pro-interventionniste fiable) dans son rapport de 2017 sur la Libye : « Au cours du premier semestre de 2016, des combattants loyaux à ISIS contrôlaient la ville côtière centrale de Syrte et soumettaient les résidents à une interprétation rigide de la Charia qui incluait des flagellations publiques, l’amputation de membres et des lynchages publics, laissant souvent les corps des victimes exposés. »

Ne vous faites pas de souci : en juin 2014, Hague et Jolie ont co-organisé à Londres un grand Sommet mondial de trois jours pour mettre fin à la violence sexuelle. Parmi les participants, le secrétaire d’État américain John Kerry et le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. Selon un rapport, le sommet a coûté £5.2 millions pour accueillir les hôtes. La facture des repas seule s’est élevée à plus de £299 000, tandis que les dépenses totales en taxis, hôtels et transport ont atteint £576 000. Jolie a déclaré :

« Nous devons briser cette culture de l’impunité et faire de la justice la norme, et non l’exception, pour ces crimes. Nous avons besoin de volonté politique, reproduite dans le monde entier, et nous devons traiter ce sujet en priorité. Nous avons besoin de voir un véritable engagement et de nous attaquer aux pires auteurs, de financer une protection adéquate pour les personnes vulnérables et d’intervenir pour aider les pays les plus touchés. Nous avons besoin que toutes les armées, les troupes de maintien de la paix et les forces de police reçoivent une formation sur la prévention de la violence sexuelle dans les conflits. »

Punir les auteurs de violences sexuelles semble assez louable. Le problème est que le bilan de l’OTAN en matière d’accusations incendiaires et d’échec à les étayer par des preuves sérieuses n’inspire pas vraiment confiance. Pendant la guerre de Bosnie, par exemple, les médias ont rapporté de manière obsessionnelle l’utilisation du viol comme instrument de guerre. En 1992, la délégation parlementaire européenne de Mme Ann Waburton a estimé que 20 000 viols avaient déjà eu lieu en Bosnie. En janvier 1993, Newsweek a publié une long article de couverture accusant les Serbes du viol de plus de 50 000 femmes, pour la plupart musulmanes, dans le cadre de « programmes délibérés visant à imposer aux femmes musulmans des bébés serbes non désirés ».

Des enquêtes systématiques sur le sujet ont cependant fourni des résultats insuffisamment spectaculaires pour les intégrer à l’article. Le 29 janvier 1994, le secrétaire général de l’ONU a publié un rapport sur les viols en ex-Yougoslavie, y compris en Bosnie et en Croatie, basé sur une étude de la Commission d’experts des Nations unies. Le rapport a trouvé « 126 victimes, 113 incidents, 252 auteurs présumés, 73 témoins ». Le rapport indiquait également que « certains cas de viol » étaient « à l’évidence le résultat d’un comportement individuel ou en petit groupe, sans preuve de responsabilité du commandement. D’autres pourraient faire partie d’un schéma général. En raison de la diversité des facteurs, un tel schéma peut mener à la conclusion qu’il existait une politique de viol systématique, mais cela reste à prouver ».

Les allégations de viols de masse étaient une composante essentielle de la campagne de propagande de l’OTAN pendant le bombardement de la Yougoslavie en 1999. Le ministre britannique des Affaires étrangères Robin Cook a régalé le public avec des contes sordides de Serbes forçant les femmes « à subir des ‘viols systématiques’ dans un camp militaire de Djakovica. » Clare Short, ministre britannique du Développement international, ajoutait que les viols étaient « délibérément commis devant les enfants, les pères et les frères ». Le ministère britannique des Affaires étrangères a poursuivi en prétendant avoir découvert encore trois autres camps de viol : « Des réfugiés ont rapporté des viols orchestrés à Globocica, Urosevac et entre le Kosovo et l’Albanie. » Ensuite, lorsqu’il fut trop tard pour s’en préoccuper, les médias, penauds, ont admis que les histoires de camps de viol, comme la plupart des allégations de l’OTAN, étaient des mensonges. Le Washington Post a rapporté que « les accusations occidentales selon lesquelles il y avait des camps de viol gérés par les Serbes dans les villes de Djakovica and Pec, et des allégations mal sourcées dans certaines publications selon lesquelles les Serbes s’adonnaient à la mutilation des vivants et des morts – y compris la castration et la décapitation – se sont toutes avérées fausses ». Même Fred Abrahams, de Human Rights Watch, qui avait travaillé comme enquêteur pour le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, a admis dans son témoignage qu’il n’avait trouvé aucune preuve à l’appui des accusations incendiaires de camps de viol.

Pourtant, l’OTAN n’a pas hésité. Au cours de sa campagne suivante, celle dirigée contre la Libye, les histoires de viol ont fait leur apparition quelques jours après le lancement des premières bombes. Susan Rice, la représentante permanente des États-Unis à l’ONU, a informé le Conseil de sécurité que le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi délivrait du Viagra à ses soldats afin de les aider à commettre des viols de masse. Même si Rice n’a présenté aucune preuve à l’appui de ses affirmations, son accusation a été suffisante pour que le procureur du Tribunal pénal international, Luis Moreno-Ocampo, annonce qu’il disposait d’« informations confirmant que c’était la politique libyenne de violer ceux qui s’opposent au gouvernement. Le viol est un nouvel aspect de la répression ». Moreno-Ocampo a même accepté comme confirmée l’histoire du Viagra de Rice : « Nous trouvons certains éléments confirmant cette question de l’acquisition de médicaments de type Viagra comme outil politique. Ils ont acheté des conteneurs avec des produits pour augmenter la possibilité de violer et nous recevons des informations détaillées confirmant cette politique. »

Au bout du compte, comme on pouvait s’y attendre, il s’est avéré que les allégations de viol de l’OTAN étaient totalement inventées. Donatella Rovera, conseillère principale pour les réponses aux crises à Amnesty International, a rapporté que l’organisation « n’avait trouvé aucune preuve ni une seule victime de viol, ni un médecin qui connaissait quelqu’un ayant été violé ». Rovera a également rejeté l’histoire du Viagra. Elle a déclaré que « des rebelles en relation avec les médias étrangers à Benghazi avaient commencé à montrer aux journalistes des paquets de Viagra, affirmant qu’ils venaient de chars incendiés, même si la raison pour laquelle ces paquets n’ont pas brûlé n’est pas claire ».

Bien qu’une allégation après l’autre se soit révélée fausse, l’OTAN continuera à les émettre, s’emparant de tout ce qui fait la question brûlante du moment. L’OTAN ne fait rien pour les femmes et ne fait rien pour mettre fin aux crimes sexuels, que ce soit dans ses États-membres ou ailleurs dans le monde. Ce que l’OTAN fait bien, grâce à son mécanisme sophistiqué  de relations publiques alimenté par plusieurs millions de dollars, est de s’emparer de problèmes hautement émotionnels comme le viol et de les transformer en justifications pour obtenir des budgets plus élevés, davantage d’armes, plus de déploiements dans un plus grand nombre de pays et, à la fin, une action militaire.

George Szamuely, PhD, auteur de « Bombs for Peace : NATO’s Humanitarian War on Yugoslavia » est chargé de recherches principal au Global Policy Institute de la London Metropolitan University.

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone
http://lesakerfrancophone.fr/la-guerre-frauduleuse-de-lotan-au-nom-des-femmes

Arrêtez moi si je dis une bêtise : il me semble que la presse OTAN n'est pas vraiment en guerre contre les accusations mensongères.
Euphémisme.
7
Rando, ski, bivouacs, montagne. / Bothy bag plus grand.
« Dernier message par JacquesL le 27 janvier 2018, 02:17:02 pm »
Reçu un bothy bag en ton bien moins aveuglant, vert sombre, annoncé pour dix personnes, soit un peu plus de deux mètres en long annoncés, ce qui permet un bivouac d'urgence allongé, à deux voire trois personnes.
http://www.summitgear.co.uk/product/bothy-bag-10-person/
http://jdscomponents.co.uk
Annoncé pour 780 g, il pèse 968 g en réalité. 49 € port inclus.

Déplié, le toit rectangulaire mesure 196 cm x 140 cm. Les murailles font 117 cm de haut. Il y a une petite boucle textile aux quatre coins du toit. Aucune manche à air, mais deux fentes à velcros, à deux coins opposés : à gauche de la fenêtre PVC quand on regarde de l'extérieur, et à l'opposé. Aucun espace d'assise proprement dit : on serre le bas et on s'assied sur le bas des murailles.
J'ai le sentiment d'avoir fait un mauvais choix : trop grand pour deux, et trop sommairement étudié.
8
Rando, ski, bivouacs, montagne. / Gilet-haume de survie Blizzard Reflexcell
« Dernier message par JacquesL le 27 janvier 2018, 02:46:23 am »
L'information initiale venait de Andy Kirkpatrick, à l'adresse https://andy-kirkpatrick.com/blog/view/stay_alive_when_it_all_goes_to_shit: ” stay alive when it all goes to shit”.
C'est à dire les trucs de la survie quand tout va de travers. "Bivy Bag: The Blizzard bag is a great alternative to a breathable or tin foil bivy bag, as it provides a huge increase in protection and warmth, and is probably the minimum you’d want for winter bivys.".
Le site du fabricant au pays de Galles : http://www.blizzardsurvival.com/product.php/100/blizzard-survival-bag
Et pour le tube biplace : http://www.blizzardsurvival.com/article.php/5/blizzard-survival-tube mais il semble que le fabricant ne le propose plus, et ne donne plus de prix.
La technologie comprent trois feuilles réflexives successives réunies par des élastiques. La plus externe est étanche, les deux internes sont microporeuses, et il faudra sécher l'espace intersticiel à fond après usage.

Toutefois chez un revendeur autrichien (medical SCA), ce tube et ce sac de survie étaient soldés, aux prix HT de 29 € et 25,75 €, dans leur première version, argent à l'extérieur. La moins vendable, mais de loin la plus efficace.
Le tube, annoncé pour 540 g. Il me semble qu'avec ça, un guide aurait sauvé la vie de sa cliente, morte de froid dans le trou de neige où ils étaient réfugiés.


Le sac de couchage, annoncé pour 350 g :




Le sac est étroit, annoncé vers 78 cm de largeur maxi, et pour toutes les photos de secourisme ou d'usage militaire pour évacuer un blessé, l'accent est mis de préférence sur des couvertures que l'on referme longitudinalement, plus ou moins perfectionnées.

La mauvaise surprise est la TVA plus le port : prix final 82,40 €.
La bonne surprise est que le vendeur a ajouté en plus le gilet-haume de survie, toujours en version argentée, la plus ancienne, sans aucun semblant de manche.





Répartissons les prix : le gilet-haume me revient à 24 €,
Le sac de couchage individuel à 27,50 €,
Le tube biplace à 30,90 €.
Chacun vient dans un emballage sous vide en polyéthylène.
Le gilet avec deux emballages : 240 g.
Un seul emballage : 230 g.
Déballé : 213 g.

C'est stocké sous vide depuis des années, et déplier cela est une longue bataille, où l'on se demande quand on aura le dessus.
Quand enfin on a réussi le déploiement, et qu'on l'enfile, on a vite la tête au chaud, et les bras au frais, par comparaison avec le torse.
Pour ma taille, ça descend à mi-cuisse. On peut à la rigueur laisser les bras à l'intérieur, mais faire la tortue en ramenant ses genoux à l'intérieur me semble du domaine du rêve. Surtout avec les genoux de mon âge.






Ce haume est rigide et bruyant, la meurtrière de vision est étroite, l'activité résiduelle possible est réduite. C'est bien de la survie, en usage exceptionnel.
9
Microphysique / Re : Microphysique quantique transactionnelle, Principes et applications.
« Dernier message par JacquesL le 05 janvier 2018, 10:27:21 pm »
Sous la pression de la traduction, bien des étourderies ont été corrigées. Deux pages d'anecdotes ont été supprimées, la table de Mendéleiev a été ajoutée.
A la 8e révision, le feu vert à la distribution a été donné, la pagination est alors à 504 pages.
http://www.lulu.com/shop/jacques-lavau/microphysique-quantique-transactionnelle-principes-et-applications/paperback/product-23362834.html
Une 9e révision viendra, mais je me presse bien moins : plus d'autres défauts aussi graves ne furent détectés.
A ce jour la traduction anglaise est réalisée à 52 %.
Les 4 premiers chapitres sont en ligne :
Transactional Quantic Microphysics, Principles and applications. (chapters 1 and 2).   
Transactional Quantic Microphysics, Principles and applications. (chapters 3 and 4).
10
Education / CQFD : Comprendre les Questions Fondamentales Disciplinaires
« Dernier message par Mateo le 03 janvier 2018, 08:23:05 pm »
Bonjour à tous,

Citation
Michel Delord a écrit :
Pour accompagner mes meilleurs vœux pour 2018

     1) Liste des (11) notes techniques pour la "Mission Maths"
http://michel.delord.free.fr/ntx.html ou http://michel.delord.free.fr/ntx.pdf

     2) Un petit cadeau d'Antoine Bodin : Pour ceux qui ne ne le connaissent pas, c'est un ex membre du staff de PISA du TIMSS, du Conseil des programmes(1985/2000) etc avec qui j'entretiens de bonnes relations depuis 2003 et la rencontre Finlande / SMF.

Il répond à mon texte sur le débat du 18 de décembre sur IdM. En gros, il valide  ma vision pourtant considérée comme "excessive" de PISA et de la baisse de niveau.

Donc bonne nouvelle et bonne lecture.

Répandre abondamment partout.
Blog : https://micheldelord.blogspot.fr/2018/01/lettre-dantoine-bodin.html
Texte complet : http://micheldelord.info/nt-05a_bodin.pdf

Cordialement
Michel Delord
@ :michel.delord[*at*]*free*fr
Blog CQFD : http://micheldelord.blogspot.fr
Homepage http://micheldelord.info

Cordialement,
--
Mateo.
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